CGT éduc’action 45
Liberté Solidarité Bien-être
Campagne sur les devoirs lancée par la FCPE
Le syndrome de l’hôtesse de caisse ou comment faire pour se tromper de cible.

Petite explication ; au super marché, sur qui le client se défoule-t-il d’abord et avant tout ? Non pas sur le chef de rayon, le directeur voire le client lui-même qui remet trop rarement les objets pris dans le bon rayon, mais sur ...

Article mis en ligne le 11 avril 2012
dernière modification le 28 avril 2012

par admin1

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Campagne F.C.P.E.

Petite explication ; au super marché, sur qui le client se défoule-t-il d’abord et avant tout ? Non pas sur le chef de rayon, le directeur voire le client lui-même qui remet trop rarement les objets pris dans le bon rayon, mais sur la caissière bien sûr, qui a le tort de se trouver là en bout de chaine, faisant office de bouc émissaire idéal. Or le professeur tient aujourd’hui dans l’éducation nationale la même place, cela transparait très nettement dans les différentes campagnes de la F.C.P.E.

Qu’en est-il de cette campagne sur les devoirs lancée par la F.C.P.E (association de parents d’élèves) ? A écouter les interviews sur les grandes ondes, on peut s’interroger sur les connaissances de la F.C.P.E. au sujet des devoirs à la maison. Pourtant comme la F.C.P.E le signale, elle agit en collaboration avec l’I.C.E.M. (association de professeurs accès sur la pédagogie Freinet). Or sur le site de cet institut, ils expliquent en détail, les devoirs à la maison. Il s’agit des devoirs écrits, ne prenant pas en compte les leçons (à apprendre, les exercices à revoir ou à refaire à la maison, copier son cours pour l’apprendre...), distinction qui n’est pas faite dans les médias ni par les intéressés ni par les journalistes.

Quels sont les buts suivis d’une telle campagne ? Désacraliser les professeurs ? Le gouvernement s’en charge. Les stigmatiser  ? Le gouvernement s’en charge aussi. Est-il nécessaire d’en rajouter ? La F.C.P.E. fait preuve soit d’une très grande maladresse, qui frise l’incompétence soit elle cherche effectivement à stigmatiser l’école pour mieux la déconstruire, pour mieux la privatiser et enfin établir une nouvelle école capitaliste comme celle existant en G.B. ou aux E.U., à deux vitesses, celle des riches et celle du reste. Ou se trompe-t-elle tout simplement de cible rendant les professeurs responsables d’une situation de crise qu’ils subissent eux même ? S’agirait-il du syndrome de l’hôtesse de caisse ?

Un éclairage sur cette campagne est possible en faisant un parallèle avec le combat mené par la même association sur la gratuité des professeurs lors des sorties scolaires (2007/8). Les professeurs ne paient pas leur sortie ni leur voyage. Ils bénéficiaient jusque là de la gratuité accordée par les voyagistes, situation dénoncée par la F.C.P.E. arguant du fait que les élèves paieraient pour les professeurs et espérant ainsi faire baisser le prix des sorties et voyages pour les élèves, motivation louable s’il en est mais naïve. A ce titre, certains libéraux avaient sauté sur l’occasion afin d’en profiter pour faire payer les professeurs quand ils partent en sortie, car partir avec 50 élèves, c’est bien connu, ne serait que du plaisir. Comme s’il fallait payer en plus pour aller travailler. Cela n’est pas arrivé. Par contre, la gratuité octroyée par les voyagistes ne bénéficie plus aux professeurs accompagnateurs (sans lesquels il n’y aurait pas de sortie), mais à l’ensemble des élèves. Au bilan, non seulement le prix de la sortie ou du voyage n’a pas baissé mais les établissements doivent dorénavant payer la part des professeurs. Donc nos enfants paient deux fois en quelque sorte.

La même argumentation peut être dégagée pour la campagne sur les sacs trop lourds. Le poids du cartable est effectivement lourd en raison surtout des livres à transporter et du nombre de matières enseignées en collège. Là aussi, il s’est agit de stigmatiser l’école et les professeurs. Alors qu’il aurait été assez simple d’expliquer la nécessité d’avoir en classe un deuxième jeu de livre (la moitié de la classe par exemple suffirait). Là, on touche au budget de l’Etat et au rôle du gouvernement, voire maintenant, au budget des collectivités territoriales. Les professeurs sur cet aspect ne peuvent jouer qu’à la marge du problème et non pas à la source, il en va de même pour les devoirs à la maison. Soulevé le problèmes des devoirs à la maison c’est surtout mettre en valeur le problème d’une école de la République de plus en plus inégalitaire comme le soulignent les différentes études PISA depuis 2000 et là, on touche au problème des réformes depuis plus de dix ans maintenant basées sur la R.G.P.P. (Révision Générale des Politiques Publiques) et de la L.O.L.F. (loi organique relative aux lois de finance) qui conduisent à la déduction drastique des moyens de l’éducation nationale.

En conclusion, il serait urgent pour la F.C.P.E. de réfléchir avant d’agir, d’éviter de se tromper de cible et d’attribuer les problèmes scolaires aux seuls professeurs. Cela éviterait à la F.C.P.E. d’être instrumentalisée par un pouvoir plus intelligent visiblement qu’elle.