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Interview de Georges Séguy au 50° congrès de la CGT à Toulouse

Georges Séguy évoque ici son passé de Résistant, de déporté à Mauthausen, puis son action syndicale et évoque des pistes pour renforcer la lutte syndicale en France.

Article mis en ligne le 18 mars 2013

par admin1

Georges Séguy évoque ici son passé de Résistant, de déporté à Mauthausen, puis son action syndicale et évoque des pistes pour renforcer la lutte syndicale en France.

Article de La Dépêche

La classe ouvrière et les syndicats se sont affaiblis depuis les années 70 ? Quel regard portez-vous sur cette évolution ?

Le mouvement syndical s’est beaucoup affaibli principalement en raison de sa division. L’éclatement en huit confédérations différentes plus ou moins rivales groupant seulement 8 % de syndiqués au total rend le syndicalisme trop faible par rapport aux problèmes auxquels il est confronté. Je suis pour une unification syndicale telle qu’elle s’est produite lors de la réunification de la CGT à Toulouse en 1936 afin de redonner au syndicalisme la puissance qu’il a connue. Mais aujourd’hui, le syndicat reste une force importante. Dès qu’un événement social se produit, on parle du rôle des syndicats malgré leurs insuffisances. Il faut réfléchir plus intensément sur la manière de faire du syndicalisme une force beaucoup plus cohérente.

Comment la CGT a-t-elle évolué selon vous ?

À l’issue de Mai 1968, il y avait 2,5 millions syndiqués à la CGT, aujourd’hui il y en a 700 000. Au-delà des divisions syndicales, il existe d’autres problèmes auxquels sont confrontées les confédérations. Dans le secteur privé notamment, le patronat tolère de moins en moins la présence des organisations syndicales dans les entreprises. La crise s’ajoutant à cela, il est très ardu de créer un syndicat là où il n’en existe pas. Pourtant, on a constaté, lors des dernières élections dans les petites et moyennes entreprises, une faible mobilisation mais qui a confirmé la CGT comme la première organisation syndicale du pays. Tous ces éléments seront débattus, je pense, à ce congrès de la CGT à Toulouse.

La CGT n’est-elle pas tiraillée entre une ligne réformiste et une ligne plus protestataire ?

Réformisme est un mot un peu péjoratif par rapport à celui de révolutionnaire dans l’histoire du mouvement ouvrier. Mais je pense que les deux derniers dirigeants de la CFDT ont commis une erreur importante, celle de considérer que la CGT connaîtrait la même perte d’influence que celle du PC. Ils se sont trompés et c’est dommage. Car en Mai 1968, avec Edmond Maire, nous avions envisagé une coopération qui devait nous amener à réfléchir à ce que nous pouvions faire ensemble. Or aujourd’hui, on signe des accords séparés avec le patronat et l’État qui ne donnent pas les résultats que nous pourrions obtenir si nous étions plus unis.