Rassemblement de soutien le 22 octobre prochain à 13h00 devant l’Assemblée Nationale.
L’intersyndicale réclame la levée des poursuites contre ces salariés, et un autre avenir pour l’entreprise.
La première des violences est de briser des vies en privant des hommes et des femmes de leur moyen d’assurer, dans la dignité, leur existence. Patronat, gouvernement et médias s’insurgent contre les salariés d’Air France pour une chemise déchirée, pointant du doigt les victimes et occultant les bourreaux.
Car que sont quelques bouts de tissus arrachés face à l’avenir de milliers de travailleurs et leur famille ?
Tous des Air France !
La première des violences est de briser des vies en privant des hommes et des femmes de leur moyen d’assurer, dans la dignité, leur existence. Patronat, gouvernement et médias s’insurgent contre les salariés d’Air France pour une chemise déchirée, pointant du doigt les victimes et occultant les bourreaux.
Car que sont quelques bouts de tissus arrachés face à l’avenir de milliers de travailleurs et leur famille ?
La violence n’est pas à rechercher du côté des salariés mais du côté des patrons licencieurs et créateurs de misère, responsables du chômage et de la paupérisation des travailleurs.
Les vagues successives de plans sociaux comme à Air France et autres mesures gouvernementales qui frappent les travailleurs et remettent en cause les conquis des luttes passées, démontrent toute l’illusion du « dialogue social » qui ne sert qu’à endormir et faire approuver la casse sociale par les salariés. Qu’on ne s’étonne pas dès lors qu’il y a des réactions vives de colère.
Les salariés de l’Education nationale sont confrontés aux mêmes diktats et aux mêmes plans de restructuration que les salariés des entreprises privées. Les licenciements à Air France sont la conséquence de la libéralisation du secteur des transports, de sa dérégulation. L’Éducation Nationale est confrontée à ces mêmes logiques austéritaires : externalisation d’une partie du temps d’école aux communes avec la réforme des rythmes dans le 1er degré, autonomisation et concurrence entre établissements dans le second degré, augmentation des charges de travail des personnels, à effectifs contraints. Du privé ou du public, tous les travailleurs sont confrontés aux mêmes affres patronales et gouvernementales qui induisent des luttes similaires qui ne demandent qu’à converger.
Dans le contexte actuel, aucune lutte ne doit rester isolée. Dans le contexte actuel, aucune lutte ne peut être taxée de corporatisme. Enseignants, fonctionnaires, travailleurs du secteur privé : nous sommes tous des Air France !
Aussi la CGT Éduc’Action n’accepte pas que des travailleurs soient désignés et traités comme des criminels quand dans le même temps des patrons et autres DRH ont entre leurs mains la vie de milliers de familles. Rien ne pourra nous détourner de la nécessaire solidarité de classe.
Pour en savoir plus :
[bleu]Là-bas si j’y suis[/bleu]
Le site [bleu]Nada-info[/bleu] revient sur le conflit social d’Air France.
Analyse de Jean Jaurés
sur les responsabilités de la violence sociale
« Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclats de voix, comme des diplomates causant autour du tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui continuent la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés par des marques imperceptibles, mais connues des autres patrons, à l’universelle vindicte patronale. [...] Ainsi, tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, est toujours défini, toujours aisément frappé, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes, elle se dérobe, elle s’évanouit dans une sorte d’obscurité. »
Jean Jaurès, discours devant la Chambre des députés, séance du 19 juin 1906