Fermeture de l’entreprise BCS en 2016 à Pithiviers, les salariés sous le choc.
« On ne lâchera rien », expliquaient, lundi, ceux qui se sentent par moments comme obligés de se justifier : « On n’est pas des voyous, on demande juste une chose, c’est de conserver notre outil de travail à Pithiviers, et de pouvoir continuer à travailler. »
Une énorme pierre et un tas de bois pour le moins conséquent bloquent dorénavant l’entrée du site, d’où plus aucune marchandise ne sort.? - Photo David Cref
En attendant une nouvelle réunion (ce jeudi en sous-préfecture) portant sur la situation de BCS, les salariés poursuivent le blocus de l’usine menacée de fermeture définitive.
Lundi après-midi, devant l’usine BCS-Île de France, toujours des banderoles (dans le style : « Soufflet, tu peux toujours souffler, nous, on ne va pas bouger »), un feu réchauffant les corps déterminés au milieu de la nuit, et des entraves à l’entrée du site plus que menacé de fermeture définitive. Autrement dit, un énorme amoncellement de bois, et cette pierre, réputée « ingrouillable », que « le vent a fait se déplacer ce week-end », blague l’un des salariés de l’équipe assurant son tour de garde.
Fermeture de l’entreprise BCS en 2016 à Pithiviers, les salariés sous le choc.
« On se relaie toutes les quatre heures, nuit et jour, depuis le 6 octobre », expliquent Primaël, depuis la baraque de fortune sous laquelle Fily, Carlos, Johann, Sonia et Satrallah tuent le temps en jouant aux cartes.
L’huissier et les gendarmes Et pas question pour la quarantaine d’employés en grève (depuis le 6 octobre donc) de laisser le site sans surveillance, ne serait-ce qu’une heure. Au risque de voir l’outil industriel disparaître. « Nos lignes de production sont à l’arrêt depuis quinze jours, et plus aucune marchandise ne sort d’ici, martèlent-ils. C’est pour ça que ce matin (lundi), ils nous ont envoyé l’huissier et les gendarmes, pour sortir les 50 palettes de viennoiseries que des clients doivent attendre. Ils sont venus avec un engin de chantier pour dégager le bois, mais on a refusé. De toute façon, ils n’avaient pas de mandat du tribunal pour le faire. »
Statu quo à l’usine donc, en attendant la nouvelle table ronde sur la situation de BCS. Celle-ci se tiendra demain matin en sous-préfecture. « On viendra avec l’audit des comptes qui dira si l’entreprise est viable, ou non. On sait déjà que le site ne perdait pas d’argent en 2014 », expliquait-on cette semaine du côté de l’intersyndicale FO-CGT, prêt à en découdre, notamment, avec le commissaire au Redressement productif, ou encore, avec ce nouvel émissaire du groupe Soufflet auquel appartient BCS-Île de France. Et les syndicalistes pithivériens de dénoncer parallèlement ce qu’ils qualifient « d’indifférence des élus locaux face à la menace qui pèse sur les 40 salariés », spécialisés, rappelons-le, dans la boulangerie industrielle. « Surtout quand on sait que cette entreprise touche, depuis longtemps, des aides de l’État, l’argent du contribuable donc… Et pour quel résultat ?
Autant de récriminations qui, si la réunion de ce jeudi (22 octobre) venait à ne déboucher sur rien, resurgiront alors samedi, lors de la manifestation prévue le matin (à 10 heures) devant la sous-préfecture de Pithiviers.
Solidarité BCS 45 pour capter l’aide de la population. D’ici là, on continuera nuit et jour à tenir le piquet de grève sur le parking de BCS-Île de France. Où, semble-t-il, « le combat » se structure toujours un peu plus. Ainsi, l’association Solidarité BCS 45 est-elle sur le point de naître. « On essaie d’éveiller les consciences, car ce qui nous arrive aujourd’hui peut arriver à n’importe qui demain », défendent ceux que l’on propose de reclasser souvent à l’autre bout de la France, et qui cherchent maintenant l’appui de la population, à travers Solidarité BCS 45. Et ces tracts que font circuler les grévistes, aux salaires, par la force des choses, durement amputés, mentionnant : « Soutenez-nous par une aide financière ou alimentaire, rejoignez-nous à notre permanence (7 jours\7 et 24 heures\24) route de Bouzonville. »
« On ne lâchera rien », expliquaient, lundi, ceux qui se sentent par moments comme obligés de se justifier : « On n’est pas des voyous, on demande juste une chose, c’est de conserver notre outil de travail à Pithiviers, et de pouvoir continuer à travailler. »