La Cgt est de tout temps résolument opposée au racisme, à l’antisémitisme et au fascisme, son action aux côtés du Front populaire dans les années trente ou sous l’occupation nazie est là pour le témoigner.
Face au discours raciste, antisémite de Dieudonné lors de ses représentations, deux positions se dégagent (qui traversent également notre syndicat), celle du Caal (Comité antifasciste et antiraciste du Loiret) qui demande l’interdiction du spectacle de l’artiste et celle de la ldh (ligue des droits de l’homme) qui préconise l’action judiciaire...
Communiqué du CAAL :
Nous n’avons pas attendu Manuel Valls pour se préoccuper de ce personnage qui doit tenir son meeting au Zénith d’Orléans en fin de semaine.
Le 11 janvier prochain, Dieudonné
compte venir faire son show
antisémite et fasciste au Zénith
d’Orléans. Pour le Comité
antifasciste et antiraciste du
Loiret, c’est inacceptable. Car qui
est Dieudonné ?
En 2006 il se promenait à la fête du
FN ; en mai 2007 il serrait la main de
Le Pen à son QG de campagne
présidentielle ; en juillet 2008 il faisait baptiser une
de ses filles dans une église catholique traditionaliste avec Le Pen
comme parrain ; en décembre 2008, il faisait du négationniste Faurisson la
star d’un spectacle-meeting au Zénith de Paris. Alain Soral, idéologue
d’extrême droite au parcours tortueux, conseiller spécial de Le Pen
pendant un temps, est devenu son mentor.
Le Comité antifasciste et antiraciste du Loiret (CAAL) va mener
campagne pour l’interdiction du show fasciste de Dieudonné. Nous
appelons toutes les organisations, partis, associations, syndicats qui
se battent contre l’extrême droite à demander également cette
interdiction à la mairie d’Orléans.
Pour en savoir plus voir le tract
Contre l’antisémitisme, les principes républicains doivent triompher-
Communiqué LDH
Quand une démocratie est attaquée dans ses fondements, elle se montre forte quand elle applique ses principes. Elle est faible si, face aux extrémismes, elle les abdique.
Dieudonné a réussi ce tour de force : le Front national défend la liberté d’expression, alors que le ministre de l’Intérieur a déclaré vouloir interdire a priori son spectacle et lui sera en tournée dans de très nombreuses salles, notamment les Zéniths qui sont sous contrat avec l’Etat.
Or, en France, depuis le début du XXe siècle, la loi, et c’est heureux, ne permet plus l’interdiction a priori des spectacles. Dieudonné et ses zélateurs s’indignent donc de ce que l’Etat s’apprête à violer une liberté fondamentale, la liberté d’expression.
Tour de force, donc, que de se faire passer pour une victime quand on est celui qui a fait son fonds de commerce de l’agression systématique d’un groupe de personnes à raison de leur origine ethnique, de leur religion, et des horreurs qu’elles ont subies.
Dieudonné a pourtant tort de se revendiquer de la liberté de création pour justifier, dans ses spectacles, ses insultes antisémites, son apologie du révisionnisme, ce pour quoi la LDH s’honore de l’avoir fait condamner. Reste qu’il a toujours transformé ses procès en tribunes, organisant son insolvabilité de façon à échapper aux condamnations financières, qu’elles soient des amendes pour l’Etat ou des dommages et intérêts pour les associations qui, comme la LDH, l’ont poursuivi avec un succès qui reste théorique.