L’émission C dans l’air est destinée principalement à un public lettré, cultivé. Fort bien construite, elle est plébiscitée par de nombreuses personnes…
[bleu]Analyse critique de l’émission C dans l’air[/bleu]
L’émission C dans l’air est destinée principalement à un public lettré, cultivé… Aussi la manipulation de l’information est très finement construite.
Il y a en général quatre invitées et le journaliste (arbitre impartial ?) . Parmi ces quatre personnes, systématiquement se trouvent deux personnes de droite (du Figaro, de l’Expansion, de Challenge…) parfois même très à droite ( de Valeurs actuelles). Les deux autres personnes, l’une est de gauche (journaliste, politicien, syndicaliste…) l’autre est souvent un spécialiste scientifique, censé dire la bonne parole, censé être objectif, cas souvent de l’économiste, du médecin, du pédagogue. Or de tels spécialistes n’ont rien d’objectifs, mais les conflits d’intérêts n’apparaissent pas. Il n’est jamais indiqué que tel économiste est conseillé pour telle banque de finance, par exemple.
Face à une telle organisation, la personne de gauche se retrouve très vite en minorité, voire même stigmatisée comme ce fut le cas où la journaliste de Challenge à porter en dérision les propositions de la Cgt sur les retraites, les qualifiant d’irréalistes, sous entendant que la Cgt est un syndicat qui ne sait pas de quoi il parle, voire qui mènerait la France à la faillite, au chômage… Ainsi le défenseur des droits sociaux se retrouve face à deux personnes résolument opposées à lui. Mais plus encore, il ne trouve pas souvent de soutien de la part du spécialiste. Présenté comme quelqu’un censé apporté la bonne parole, objective car professionnel de la question il enfonce le clou en faveur du camp libéral.
L’émission ainsi organisée est une recherche consensuelle sur une base libérale marginalisant ceux optant pour un discours social. Cette stratégie est encore plus efficace que d’inviter seulement des libéraux à l’émission. Le journaliste peut se targuer d’impartialité, (ce qui n’en est rien en fait) et les personnes invitées peuvent en toute quiétude laminer, ridiculiser le défenseur des droits sociaux.
Par ailleurs, la manipulation ne s’arrête pas au nombre des personnes invitées favorables au discours libéral. Si, (et c’est déjà arrivé), le spécialiste (économiste, pédagogue, médecin…) ne va pas dans le sens du journaliste (et d’un discours libéral), ce dernier intervient en faveur du camp libéral, par une technique classique : couper la parole, poser une autre question sans laisser la personne interrogée terminée avec un sourire aimable prenant un air de ne rien y comprendre.
Enfin, si quelques spectateurs doutaient encore du bien fondé du discours libéral, la fin de l’émission se termine par les questions des auditeurs qui paraissent de bon sens de prime abord (mais simplistes) et qui sont souvent celles de personnes qui relient le discours libéral prémâché.
Comparer cette émission avec celles de Lcp - Public sénat (« déshabillons-les » ou « débat ») met en valeur l’analyse critique ci-dessus. Sur la chaine Lcp - Public Sénat, les intervenants sont plus clairement identifiables, en signalant leur appartenance politique ou journalistique, en les disposant autour de la table selon le binôme droite gauche ; le journaliste tient son rôle d’arbitre... Il n’en va pas pour autant pour toutes les émissions de débat sur cette chaine. Le 22h sur Public Sénat, les chroniqueurs qui interviennent sont majoritairement de sensibilité de droite.