Sait-on encore ce qu’on attend
de l’école ?
Qu’elle résolve les maux
de la société, face auxquels
les dirigeants politiques
se disent impuissants ?
Qu’elle fournisse
aux entreprises des salariés
« compétents » ?
Ou, plus simplement,
qu’elle se concentre
sur sa mission initiale : former
des citoyens critiques ?
Sait-on encore ce qu’on attend
de l’école ?
Qu’elle résolve les maux
de la société, face auxquels
les dirigeants politiques
se disent impuissants ?
Qu’elle fournisse
aux entreprises des salariés
« compétents » ?
Ou, plus simplement,
qu’elle se concentre
sur sa mission initiale : former
des citoyens critiques ?
Aux yeux de l’éditorialiste américain Nicholas Kristof, cela ne fait aucun doute : la mesure qui, aux Etats-Unis comme ailleurs, contribuerait le plus à réduire les inégalités sociales serait d’« améliorer l’éducation ». Parmi les dirigeants politiques, les intellectuels en vue, les « experts » en tout genre qui peuplent les plateaux de télévision, l’analyse est largement partagée : les connaissances acquises sur les bancs de l’école offriraient le plus solide remblai pour combler le fossé séparant dominants et dominés.
Et si c’était tout le contraire ? Et si, plutôt que de les atténuer, le système d’enseignement contribuait à consolider les hiérarchies qui structurent la société ?
« Les idées dominantes d’une époque n’ont jamais été que les idées de la classe dominante. » L’observation de Karl Marx et Friedrich Engels pourrait s’appliquer à l’école, tant la méritocratie sur laquelle repose le système scolaire épouse les caractéristiques de la culture bourgeoise. Indépendamment des efforts et des convictions du personnel enseignant, cette institution masque les déterminants de la réussite : l’inégale répartition du capital économique, culturel et social. Et, au prétexte de promouvoir les « méritants », légitime une injustice. Car ce sont les fils et filles de bonne famille qui obtiennent les diplômes les mieux valorisés et qui accèdent aux positions de pouvoir.
Pour en savoir plus : Feu sur l’école