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Université et recherche : en attendant le changement.

C’est l’un des problèmes de la LRU (loi instaurant l’autonomie des universités sous N. Sarkozy) : tel le carrosse de Cendrillon en citrouille, la LRU a transformé du jour au lendemain des enseignants-chercheurs Présidents et VP d’universités en cadres dirigeants de sociétés. […] L’Etat a profité de cette autonomie de gestion pour diminuer ses dotations budgétaires ; c’est la casse des universités, l’autonomie, c’est « aide toi le ciel t’aidera, si tu dévisses, tant pis pour toi ».

Article de Sylvain Kahn

Article mis en ligne le 4 décembre 2012
dernière modification le 4 janvier 2013

par admin1

Quelle autonomie ?

C’est l’un des problèmes de la LRU (loi instaurant l’autonomie des universités sous N. Sarkozy) : tel le carrosse de Cendrillon en citrouille, la LRU a transformé du jour au lendemain des enseignants-chercheurs Présidents et VP d’universités en cadres dirigeants de sociétés. […] L’Etat a profité de cette autonomie de gestion pour diminuer ses dotations budgétaires ; c’est la casse des universités, l’autonomie, c’est « aide toi le ciel t’aidera, si tu dévisses, tant pis pour toi ».
L’autonomie est aussi au programme du PS depuis 2002. Le Gouvernement va-t-il montrer sa différence ?

Quelle évaluation ?

En France, les enseignants-chercheurs sont confrontés à la pesanteur bureaucratique de l’évaluation et de la réponse aux appels d’offre distribuant le financement de la recherche. L’une et l’autre sont inspirés par le new public management (NPM). Le NPM est une tendance de fond, de moyenne durée.
Les mêmes effets pervers de cette culture de l’évaluation déclinée dans le monde de la recherche et de la science se manifestent donc aussi au Royaume-Uni et en Allemagne.
Elle a été introduite par le pouvoir politique. Sous une première forme par C. Allègre. Puis, sous une forme beaucoup plus déstructurante, par les quinquennats Chirac et Sarkozy, pour déstabiliser le Cnrs, précisément.

Plus généralement, les fragilités communes à la France, au RU et à la RFA tiennent en deux mot : la mise en concurrence des individus (les chercheurs) et la marginalisation des institutions (équipes, laboratoires).

Il n’y a pas de suicides chez les chercheurs, mais l’esprit de cette culture de l’évaluation, est, toute chose égale par ailleurs, du même type de dureté que les transformations à marche forcée dans les Télécoms. Et c’est bien ce nouveau Totem de l’évaluation et du classement qui génère l’essentiel des pratiques paperassières et des activités non scientifiques.

Il se dit que le gouvernement actuel envisagerait de supprimer l’AERES, fort décriée. Un certain nombre de chercheurs et de directeurs de labo pensent au contraire qu’il est possible de réformer intelligemment l’AERES et ses pratiques, pour avoir une culture de l’évaluation de la recherche sans effets pervers. Quelle sera la réponse hollandiste ?? Réponse, là aussi, aux voeux 2013 ?

http://www.franceculture.fr/blog-globe-2012-12-15-universite-et-recherche-en-attendant-le-changement
Article de Sylvain Kahn